Les frelons ne disparaissent pas vraiment : ils se font oublier. L’hiver venu, le silence des nids intrigue, puis dès les premiers frimas, leur retour soudain relance toutes les interrogations. Que font-ils pendant ces longs mois ? Hibernent-ils vraiment ou subissent-ils un sort plus radical ? Voici ce qu’il faut savoir sur les cycles de vie des frelons et le phénomène de leur hibernation.
Cycle de reproduction et hibernation chez les frelons
Quand la saison se réchauffe et que la lumière revient, les futures reines, qu’on appelle aussi les gynes, sortent de leur torpeur hivernale. Chez les frelons, seules ces femelles survivent à l’hiver et reprennent vie lorsque le froid s’éloigne.
On peut alors observer des petits groupes de gynes, parfois deux, parfois quinze, réunies autour d’un objectif : bâtir un premier nid. Ces nids, de la taille d’une orange ou d’un petit melon, marquent le début d’une nouvelle colonie. Rapidement, la compétition s’installe : la femelle la plus robuste élimine ses rivales et prend seule le contrôle du nid. C’est elle qui deviendra la reine, pondant et veillant à la survie de la colonie qui va s’étendre tout au long de l’année.
Le destin des mâles pendant l’hiver
En automne, la colonie se vide. Les ouvrières et les mâles ne passent pas la saison froide : ils meurent, laissant la place aux femelles les plus résistantes. Ces dernières seules traversent l’hiver, bien cachées. Au printemps, après cette sélection impitoyable, la reine survivante reprend le flambeau et donne naissance à la génération suivante.
Les frelons et l’été : expansion du nid
Avec la chaleur, le nid se développe rapidement. L’essaim peut migrer vers un arbre, sous un toit ou dans un abri tout proche. C’est là que naît le nid secondaire, beaucoup plus massif que le premier. Il prend l’aspect d’une énorme boule grise, bâtie de fibres mâchées. La colonie ne cesse de grandir jusqu’à l’automne, la reine poursuivant sans relâche ses pontes.
L’automne : apogée et déclin du nid
À la toute fin de l’automne, les nids atteignent des tailles impressionnantes, parfois plus de 50 cm de diamètre pour autant en hauteur. L’activité reste soutenue jusqu’aux premières vraies gelées.
Pendant cette période charnière, la fécondation bat son plein. Les futures reines croisent les derniers mâles, se nourrissent de protéines et accumulent des réserves pour tenir tout l’hiver. Progressivement, elles quittent le nid, chacune à son rythme, selon la météo et la température.
Pour traverser le froid, ces femelles cherchent des cachettes : tronc d’arbre creux, trou dans le sol, amas de feuilles, cabanon, grenier, parfois même un gant oublié ou une botte restée dehors. Au printemps, chacune fondera un nouveau nid, jamais au même endroit que l’an passé. La colonie se renouvelle, portée par la reine qui a su survivre.
Quand retirer un nid de frelons ?
Le moment idéal pour faire disparaître un nid de frelons se situe au tout début de la saison. Agir tôt limite les risques de piqûres, mais surtout, cela empêche les nouveaux accouplements. Même si quelques femelles ont déjà rencontré des mâles, rien n’est joué : tant qu’elles n’ont pas quitté le nid pour hiverner, un professionnel peut intervenir et supprimer leur refuge.
Contrairement à ce qu’on croit souvent, toutes les futures reines ne s’envolent pas en même temps. Leur migration s’étale sur plusieurs semaines, souvent dès les premières gelées répétées, quatre ou cinq nuits glaciales suffisent à précipiter leur départ progressif.
Les années diffèrent : certains hivers, les nids sont vides dès décembre, d’autres fois il reste de l’activité jusqu’à février. Pour éliminer un nid, il faut donc suivre de près l’évolution du groupe et repérer le moment où les femelles commencent à se disperser.
Comment les frelons survivent-ils à l’hiver ?
Les frelons vivent en société, mais l’hiver brise le groupe : seules les reines fécondées entrent en hibernation. Ces survivantes quittent la colonie pour dénicher un abri discret, pendant que les ouvrières et les mâles succombent avec les premiers froids. La relève ne tient qu’à elles.
Où se réfugient-elles ? Un interstice dans un mur, sous l’écorce d’un arbre, dans la terre ou un tas de feuilles, tout endroit à l’abri du vent et de l’humidité peut faire l’affaire. Il leur faut aussi des réserves pour survivre : elles se nourrissent de protéines, parfois d’invertébrés, pour tenir jusqu’au printemps. Leur métabolisme ralentit, mais une sortie occasionnelle leur permet de chasser si la météo le permet.
La majorité des frelons ne survit pas au-delà des premiers gels, mais la reine, elle, s’accroche. C’est elle qui garantit la continuité de l’espèce, année après année. Ce cycle, immuable dans la nature, assure la présence des frelons à chaque nouvelle saison.
Frelons et habitations : quels risques ?
Si les frelons jouent un rôle dans l’équilibre naturel, leur proximité avec les habitations pose souvent problème. Leurs nids, parfois imposants, restent visibles et peuvent présenter un vrai danger pour les habitants.
S’approcher d’un nid met les frelons sur la défensive. Leur réaction peut être violente : plusieurs piqûres d’affilée, un risque accru pour toute personne allergique à leur venin.
Environ 3 % des Français sont concernés par une allergie au venin de guêpe ou de frelon, selon l’Association Française pour la Prévention des Allergies (AFPRAL). Pour eux, le risque de choc anaphylactique existe, et il ne faut pas rester sur place si un nid est découvert.
Au-delà de l’urgence liée aux piqûres, laisser un nid s’installer sur la durée peut aussi poser d’autres problèmes : multiplication des colonies voisines, risque pour les cultures environnantes, propagation de maladies au sein du groupe.
Face à la découverte d’un essaim ou d’un nid suspect à la maison, il faut réagir sans attendre. S’éloigner calmement, éviter tout geste brusque et, surtout, ne pas tenter une intervention soi-même. Seul un professionnel saura gérer la situation sans danger.
Les frelons font partie de la nature, mais leur présence à la maison transforme vite la tranquillité en défi. Savoir quand et comment agir, c’est éviter l’escalade et retrouver la paix, jusqu’au prochain printemps, où la nature reprendra ses droits.


