Les déjections de loir posent un problème sanitaire sous-estimé par rapport à celles du rat ou de la souris. Leur présence dans les combles, les doublages de murs ou les greniers signale une colonisation souvent ancienne, avec une accumulation de matières fécales et d’urine sur des surfaces poreuses difficiles à assainir. Comprendre les risques liés aux crottes de loir et appliquer un protocole de nettoyage rigoureux protège les occupants d’un logement contre des pathogènes parfois graves.
Pathogènes transmis par les déjections de loir : au-delà de la leptospirose
Les crottes de loir véhiculent les mêmes agents infectieux que celles des autres rongeurs synanthropes. La leptospirose reste le risque le plus documenté. L’ARS identifie les rongeurs comme réservoir principal de Leptospira, la bactérie se transmettant par contact avec de l’urine ou des surfaces souillées.
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Depuis août 2023, la leptospirose est inscrite parmi les maladies à déclaration obligatoire en France. Tout médecin ou laboratoire qui diagnostique un cas doit le signaler aux autorités sanitaires. Cette évolution réglementaire traduit une surveillance renforcée des expositions aux rongeurs, y compris dans l’habitat privé.
Les excréments secs de loir libèrent aussi des particules en suspension. L’inhalation de poussières contaminées dans un grenier mal ventilé expose à des agents pathogènes respiratoires. Le risque augmente lors du balayage à sec ou de travaux de rénovation qui brassent les déjections accumulées.
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Crottes de loir dans les combles : identifier une infestation active
Le loir (Myoxus glis) produit des déjections de forme cylindrique, légèrement plus petites que celles du rat noir et souvent regroupées en amas. Leur couleur varie du brun foncé au noir selon l’ancienneté. Des crottes brillantes et molles signalent un passage récent, tandis que des déjections sèches, friables et grises indiquent une accumulation ancienne.
La localisation est un indice déterminant. Le loir colonise préférentiellement les zones en hauteur : combles, faux plafonds, doublages de murs, espaces entre solives. Contrairement au rat surmulot qui creuse au niveau du sol, le loir est un grimpeur qui niche en altitude. Trouver des déjections le long des murs à l’étage ou près de la charpente oriente vers cette espèce.
Indices complémentaires de présence
- Des traces de grignotage sur les gaines électriques ou l’isolant, souvent en laine de verre, avec des fibres dispersées autour du nid
- Des bruits de grattage nocturnes concentrés entre la tombée de la nuit et le milieu de nuit, période d’activité du loir
- Une odeur d’urine persistante dans les combles, particulièrement perceptible par temps chaud lorsque la température sous toiture monte
- Des noisettes ou des fruits à coque stockés dans des recoins, témoignant du comportement de réserve alimentaire typique de l’espèce
Protocole de nettoyage des crottes de loir : équipements et méthode
Le nettoyage de déjections de rongeurs dans un espace confiné comme un grenier exige un protocole strict. L’ARS recommande le port de gants étanches, masque de protection respiratoire et lunettes pour toute personne exposée à des surfaces souillées.
Nous recommandons de ne jamais balayer à sec les zones contaminées. Le balayage met en suspension des particules fécales et urinaires qui se dispersent dans l’air ambiant. La méthode à privilégier consiste à humidifier les déjections avec un désinfectant (eau de Javel diluée ou produit virucide) avant de les ramasser avec du papier absorbant ou une pelle.
Étapes du nettoyage sécurisé
- Ventiler la pièce pendant au moins une quinzaine de minutes avant d’intervenir, en ouvrant les accès aux combles et les fenêtres de toit
- Pulvériser une solution désinfectante sur les amas de crottes et laisser agir plusieurs minutes avant tout contact
- Ramasser les déjections humidifiées avec des gants étanches, sans écraser les crottes pour limiter la dispersion de particules
- Désinfecter les surfaces souillées (plancher, solives, isolant) et jeter les matériaux poreux trop contaminés (laine de verre imbibée d’urine, cartons souillés)
- Se laver les mains immédiatement après le retrait des gants, même en l’absence de contact direct perçu
Les déchets collectés doivent être ensachés hermétiquement et éliminés avec les ordures ménagères. L’isolant souillé par des déjections anciennes ne se nettoie pas : il se remplace.

Prévention des passages de loir dans un logement
Le loir exploite des ouvertures de faible diamètre pour accéder aux combles. Nous observons régulièrement des entrées au niveau des rives de toiture, des passages de câbles non obturés et des tuiles déplacées. Colmater chaque point d’accès avec un matériau résistant au rongement (grillage métallique à mailles fines, mortier, laine d’acier) constitue la mesure préventive la plus efficace.
Le loir étant une espèce protégée en France, sa destruction est interdite sans dérogation préfectorale. La stratégie repose donc sur l’exclusion : empêcher l’animal d’entrer plutôt que de le piéger. En cas d’infestation avérée, nous recommandons de faire intervenir un professionnel de la gestion de la faune qui connaît le cadre réglementaire applicable.
Tailler les branches d’arbres qui touchent la toiture réduit les voies d’accès naturelles. Le loir utilise la végétation comme pont vers les combles. Maintenir un espace libre entre la canopée et le bâtiment limite significativement les intrusions.
Un contrôle annuel des combles, idéalement avant l’automne (période où le loir cherche un site d’hibernation), permet de repérer les premiers signes de présence avant qu’une colonie ne s’installe durablement. Des déjections fraîches détectées à ce stade rendent l’intervention bien plus simple que le nettoyage d’un grenier colonisé depuis plusieurs saisons.

